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Motion d'orientation
Alter Ekolo, l'écologie politique mobilisée

Imposer l'écologie de transformation en jouant sur les alliances à gauche.

Foire Aux Questions

(signer la motion | signataires | foire aux questions format PDF)

 

Nous voulons détruire la misère, lutter contre le réchauffement climatique sans le nucléaire, aller démocratiquement vers la sobriété et la simplicité, de manière équitable et conviviale. Il y a urgence à le faire, à participer activement aux dynamiques qui permettront d'atteindre ce but, sans rester simples observateurs ou moralisateurs. Il est donc urgent pour les Verts de comprendre leur environnement politique, et de construire les alliances qui permettront de peser au mieux sur la réalité.

S'insérer dans le réel de la situation politique

Les Verts doivent profiter de la recomposition en cours de la gauche pour y porter le fer de l'anti-productivisme, en soutien aux alter-mondialistes, aux objecteurs de croissances et autres citoyens qui se mobilisent dans les réseaux de la gauche anti-néolibérale (hier les Comités du 29 mai, aujourd'hui et demain les Collectifs unitaires, après-demain une autre forme d'association). Ces réseaux sont les seuls à même de créer un rapport de force suffisant avec le PS pour infléchir sa dérive centriste et imposer un changement de République ; ils sont les seuls à même de mobiliser les abstentionnistes.

C'est notre façon d'être à gauche, ancrés dans le réel, notre façon d'être écologistes, réalistes quant aux difficultés qui nous attendent. Nous ne voulons plus regarder passer les mobilisations tout en clamant une ouverture et une volonté de co-élaboration avec ceux qui, de fait, ne nous retrouvent pas toujours là où nous devrions être : à leurs côtés.

La dynamique permettant d'infléchir le cours de la destruction de nos vies existe en ce moment dans la gauche anti-néolibérale et anti-capitaliste. Elle n'est pas du côté des environnementalistes de droite ou « apolitiques » qui ne se préoccuperont de toute façon pas des Verts, car faire de la politique est pour eux un « business », où le libéralisme économique ferait partie de la solution aux problèmes environnementaux. Et ce n'est pas non plus le moment de remettre à plus tard notre mobilisation dans la société : ne renonçons pas à faire de la politique ! Réorienter la stratégie des Verts

Notre congrès arrive à un moment où, il ne faut pas se le cacher, agir en écologistes mobilisés dans un renouvellement des alliances à gauche comporte un certain nombre de risques. Nous ne pensons pas qu'il faille attendre d'être certains de tout maîtriser pour agir, car alors nous n'agirions jamais. Et les citoyens nous le reprocheraient encore, avec vigueur et avec raison. Ce n'est pas une fois les campagnes présidentielle et législatives passées qu'il faudra se mettre à faire de la politique.

Bonne lecture !


 

Alter Ekolo est une association européenne, pourquoi déposer une motion d'orientation sous ce nom au congrès des Verts français ?

Alter Ekolo est née du Non des écologistes contre le TCE. Un Non contre le libéralisme économique omniprésent dans ce texte. Les Verts Alter Ekolo sont le nom sous lequel les Verts sont connus dans les collectifs pour une candidature antilibérale unitaire. Pour nous, cette présence doit se transformer en une véritable implication du parti et déboucher sur de nouvelles alliances à gauche et un nouveau rapport de forces pour l'écologie politique.
D'où la motion d'orientation : nous voulons avoir une occasion d'expliquer notre stratégie. Au passage, Alter Ekolo s'est donné depuis longtemps « l'ambition de combler un double déficit, déficit d'anti-productivisme à gauche, déficit d'anti-libéralisme dans l'écologie politique ».


Est-ce que vous proposez une alliance avec le PCF et la LCR ?

Oui et non.
Oui car le PCF et la moitié de la LCR sont partie-prenante des collectifs unitaires.
Non car les collectifs unitaires sont largement constitués de citoyens mobilisés qui ne sont dans aucun parti. L'alliance ne soit pas se faire de parti à parti mais doit être "multilatérale" au sein des collectifs unitaires. Au passage, vous oubliez la gauche du PS, comme PRS, qui est active dans les collectifs. Paradoxalement, l'aventure des collectifs "secoue" le PC et la LCR, c'est une bonne occasion pour Les Verts d'entrer dans le jeu.


Les collectifs unitaires sont-ils un nouveau parti ? Proposez-vous aux Verts de s'y fondre ?

Non, les collectifs unitaires ne sont pas un nouveau parti. Ce n'est pas à l'ordre du jour.C'est, dans la foulée des collectifs qui ont vu le jour pour résister aux attaques sur les retraites, contre la guerre en Irak, pour des forums sociaux locaux un lieu d'élaboration programmatique et de rencontre de citoyens qui veulent peser dans le paysage politique avec des propositions anti-libérales.


Mais si, vous voulez faire un LinksPartei à la Oskar Lafontaine en Allemagne !

Ce n'est pas une question que vous posez là :-)
La réponse est non. D'abord parce que les contextes historique et politique ne sont pas les mêmes. Et notamment à cause de l'implication de personnes non-encartées et des Objecteurs de croissance dans ces réseaux.


Pourquoi une telle alliance ?

Pour créer un rapport de force contre le social-libéralisme dominant au PS. Le PS propose un programme trop néolibéral et trop productiviste, il a rangé la 6è République aux oubliettes. Les collectifs peuvent atteindre un résultat à deux chiffres et peser dans la négociation entre les deux tours. Nous voulons que l'écologie politique puisse ainsi faire des avancées, avancées jamais constatées par les relations bilatérales avec le PS qui nous ont donné des élus (peu) mais rien en terme de contenu.


Mais ce ne sont pas des écolos ! Le PCF et la LCR sont des partis productivistes.

Le PS aussi. Le PS est pro-OGM, pro-nucléaire, et ne parle que de croissance économique. Nous remettons en cause l'inféodation des Verts au PS et le double–jeu du PS qui se cache derrière ses autres partenaires pour ne rien concéder sur le contenu. En revanche, le travail avec les militants des collectifs est prometteur : leur analyse antilibérale les amène à interroger, voire rejeter notre mode de développement. Au PS, la synthèse du Mans a étouffé toute dynamique de remise en causei. Alors que la LCR se dit non productiviste, le PCF se remet en question, aidé en cela par les citoyens extérieurs et ses propres militants ! En revanche, les Verts, derrière un langage radical, sont toujours prêts à se contenter de réformes à la marge, nous ne sommes pas les seuls à le dire !


Mais les collectifs n'existeront plus dans trois mois !

C'est possible. Mais si nous n'essayons pas de les renforcer, c'est certain. Les Verts doivent rompre avec une vision "consommatrice" de la politique qui consiste à laisser faire les autres et participer si ça marche !
Nous croyons qu'il faut répondre aux électeurs qui se sont mobilisés pour faire entendre leur volonté de changement le 29 mai, aux électeurs écolos qui ont été majoritairement en désaccord avec Les Verts sur le TCE, leur montrer que nous cherchons à trouver une réponse. Paradoxalement, les partis politiques qui compteront dans le futur sont ceux qui se remettent en question maintenant, et s'ouvrent aux citoyens mobilisés. L'approche de la politique en réseau a de beaux jours devant elle. Les collectifs existeront et prendrons de plus en plus d'importance durant la campagne à venir, pour autant que le candidat à la présidentielle incarne cette volonté de renouveau.


Pourquoi passer par l'extérieur pour changer les Verts ?

Nous pensons que Les Verts doivent être là où se posent des questions politiques qui répondent à leurs attentes. Nous savons que plus un parti est faible, plus il développe des comportements identitaires. Nous pensons que le parti Les Verts n'a pas la capacité de se réformer en se repliant sur lui-même, sans perspectives d'action politique autre que faire une campagne pour moins de 5%, surtout après le 21 avril 2002 et le vote utile en faveur du PS que cela va paradoxalement engendrer.


Quel rapport avec José Bové ?

Nous souhaitons que José Bové soit le candidat unitaire. Parce que c'est un écolo, mais surtout parce qu'il est altermondialiste reconnu et placera la campagne à un autre niveau politique, le niveau des enjeux environnementaux, climatiques et sociaux adéquats. sa candidature aura une résonnance partout dans le monde. D'autre part, il incarne le courage et la volonté d'aller jusqu'au bout de ses idées et d'en assumer les conséquences qui assurera mieux les français d'une volonté de changement qu'une ancienne ministre de Lionel Jospin.
Argument plus pragmatique : c'est le seul capable de s'inviter dans le débat bi-partite qui confisque la présidentielle et faire un résultat à deux chiffres, fondement du rapport de forces que nous recherchons.


Vous avez un problème de calendrier, non ?

Oui, tout à fait. Il faut décider d'une orientation avant que le PS et les collectifs n'aient choisi leur candidat à la présidentielle. Mais, quelle qu'en soit l'issue, l'esprit de cette orientation – s'appuyer sur le renouveau démocratique et politique pour faire avancer l'écologie politique – n'en sera pas pour autant invalidé. Nous avons préféré dire clairement ce que nous voulons, plutôt que tourner autour du pot. C'est le courage de débattre de vraies orientations concrètes qui fait le plus défaut aux Verts.


Mais les Verts ont une candidate !

Nous pensons et avons toujours dit que les Verts avaient choisi leur candidat-e beaucoup trop tôt. Il est peu probable que Dominique Voynet ne tienne jusqu'au bout dans le contexte où elle doit faire campagne. Il faut l'aider à se sortir du piège dans lequel Les Verts l'ont mise, dans l'intérêt des Verts et de la gauche. Car l'enjeu est bien de battre la droite en 2007.


Mais José Bové ne sera pas candidat.

Pourquoi dites-vous ça ? José Bové ne sera pas candidat des Verts, c'est certain. S'il est désigné, ce sera en tant que candidat des collectifs unitaires. Raison de plus de s'y engager et peser pour sa désignation.


Et un rassemblement des écologistes ne pèserait-il pas également ?

Ce pourrait être une stratégie. Mais les environnementalistes comme Lepage ou Hulot ne remettent pas le système libéral en cause. Ils pensent que ce qui nous pose problème pourrait faire partie de la solution. Discuter avec eux, qu'elles qu'en soient les circonstances, c'est rendre floues les frontières de la gauche et l'affaiblir au moment où il faut se préparer à battre la droite et Sarkozy. Etrange approche stratégique, non ?
Par ailleurs, beaucoup d'écologistes (les Alternatifs, les Objecteurs de croissance) sont déjà dans les collectifs unitaires. La séparation n'est pas entre écologistes et non-écologistes. Elle est entre néolibéraux/sociaux-libéraux et anti-libéraux.
Nous pensons que Les Verts sont à gauche, et qu'ils peuvent aider la première gauche à changer, que l'écologie politique ne s'imposera à la gauche que si elle est capable de "digérer" l'histoire et de prouver que les préoccupations de justice s'impose aussi bien au social qu'à l'environnemental. En plus, nous pensons que c'est la seule manière pour qu'aujourd'hui Les Verts puissent construire leur autonomie.


Et les accords des Verts avec le PS ?

Ils sont au point mort. Toutes les motions qui proposent de les poursuivre prennent leurs désirs pour des réalités. Le PS, dans le contexte actuel, n'a pas besoin des Verts. La preuve, il a réservé 35 circonscriptions au PRG, pas aux Verts. Il aura besoin d'une réserve au second tour de la présidentielle et pense qu'il aura nos voix sans problème. Nous sommes donc stratégiquement très faible et le PS le sait très bien. Le seul moyen pour s'en sortir et rendre les Verts autonomes est de construire un rapport de forces suffisant contre l'hégémonie social-libérale du PS en posant la question politique qui raisonne dans l'imaginaire des électeurs : comment rompre avec le libéralisme ? Seuls, nous sommes trop faibles pour cela, c'est pourquoi nous devons le faire avec tous ceux et celles qui recherchent le même but et qui se mobilisent dans les collectifs unitaires.
Ceux qui croient que réclamer un groupe d'élus à l'assemblée va sauver Les Verts se trompent: au lieu de sauver les Verts, ils en font une tendance environnementaliste externe aux PS. Il est temps d'avoir le courage politique de comprendre que le PS n'a pas besoin de nous et qu'il faut changer le système des alliances à gauche et le rapport de forces pour lui imposer quoi que ce soit.


Est-ce que vous ne risquez pas d'empêcher le PS de passer au premier tour ?

L'effet 21 avril va bénéficier au PS en accentuant la bipolarisation. Si le PS reste le parti dominant à gauche, il ne doit plus être le parti dominateur. Notre objectif n'est pas d'empêcher le PS de passer (et vous, vous voterez directement pour son candidat ?), mais de nous mettre en situation d'être incontournables et ainsi peser pour de vraies décisions de transformation de la société.


Revenons à José Bové. Et si ce n'est pas lui que les collectifs désignent comme leur candidat ?

Les collectifs auront un problème alors, car beaucoup d'écolos risquent de lâcher. Par ailleurs, comme nous l'avons déjà dit, nous ne soutenons pas José Bové pour le personnage, mais pour ce qu'il représente. Et à notre avis il est le mieux placé pour faire un résultat à deux chiffres. Mais nous prenons un risque, oui. Faire de la politique, aujourd'hui comme hier, en étant certain de ce que l'avenir nous réserve est impossible. Ou alors, c'est renoncer à faire de la politique et laisser les autres choisir et construire à notre place. Vous l'avez compris ce n'est pas notre optique.


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